Le Grand Bleu dans les catacombes

Journal: 
Le Parisien
Date: 
12 mars 1999

Paul Poivert, plongeur professionnel, plonge au fond d’un puit des anciennes carrières du 13eme (sans doute ceux de l »Usine à Gaz »). Pour information, il n’est pas le seul a avoir réalisé cet exploit.

: Les hommes-grenouilles parisiens ont rendez-vous au Salon

Le Grand Bleu dans les

A , sauf au Salon de la plongée, il est formellement interdit aux amateurs de chausser les palmes. Car, dans les profondeurs de la capitale, règne le danger de mort. Aussi, la performance de Paul Poivert, plongeur professionnel, venu en reconnaissance à la première du Salon, est unique. Il a plongé pendant des années en Seine, pour former des policiers, seuls à être autorisés à s’y immerger, et il dirige la seule équipe qui s’aventure dans les catacombes. « On s’est lancé, dit-il, comme l’alpiniste qui regarde la montagne et décide de l’escalader. Nous, on savait qu’il y avait un trou, il fallait voir au fond. » Directeur du magazine « Octopus », cet ancien de la marine totalise 6 000 plongées. Alors, le service des Carrières a accordé son autorisation pour cette aventure en extrême. « Les catacombes sont un réseau oublié, indique-t-il, le service des Mines n’a même pas de relevé précis de ces anciennes carrières. » Ces plongées servent à établir une topographie.

Un fil d’Ariane déroulé dans le noir

11 heures, du côté de la porte d’Italie. Trois hommes-grenouilles soulèvent la plaque. Ils descendent à 25 mètres dans un puits. Au fond, quatre galeries. Direction celle qui mène à l’eau. Avec tout le matériel, ils crapahutent dans le tunnel d’une hauteur de Petit Poucet. Huit cents mètres à quatre pattes. Au bout, les hommes trouvent enfin un puits qui tombe dans l’eau. Ils s’élancent, visitent deux étages. En tout, l’équivalent de la traversée d’un arrondissement. A 18 heures, ils retrouvent, épuisés, la surface. Sortis sains et saufs de ces deux mille lieues sous Paris. « On aurait pu se perdre, il y a plusieurs centaines de galeries sur plusieurs étages et aucune issue de secours. Pour nous y retrouver, explique Paul Poivert, nous déployons un fil derrière nous. » L’erreur n’est pas permise : « C’est un boyau, ça veut dire que, en cas de pépin, on ne peut pas remonter en surface. » Au fond, c’est le grand noir. « On a l’impression, raconte-t-il, de pénétrer un sanctuaire secret. » Cette sensation s’accompagne de la fierté d’être des explorateurs. « Nous avons découvert que les deux étages les plus profonds étaient inondés, décrit-il, cela veut dire que le niveau d’eau a monté de 8 mètres par rapport au Moyen Age. A priori, ce sont des infiltrations, c’est inquiétant. » Mais, il faudrait encore beaucoup d’eau sous les ponts pour que Paris copie Venise.

Salon de la plongée, Aquaboulevard, 4, rue Louis-Armand, 75015. Du 12 au 14 mars, de 10 à 19 heures, nocturne, le 12 jusqu’à 23 heures. Conférences, baptêmes, démonstration de scooters sous-marins, d’apnée en relais. Entrée : 35 F.

Patricia SUDOLSKI
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Une réflexion au sujet de « Le Grand Bleu dans les catacombes »

  1. bien sur avant de faire cette premiere exceptionnelle, paul avait eu la topographie détaillée que je lui avais donné, et vu le film plongée sous paris tournée quelques années avant.
    En fait article racoleur et bidonné.

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