«BUNKER présidentiel » , « PC nucléaire » : les quatorze hectares souterrains de la base aérienne 921 de Taverny sont depuis quarante ans source de mystères et de secrets. Enfouis à plusieurs dizaines de mètres de profondeur sous la forêt de Montmorency, les centres opérationnels de la défense aérienne française et de la force nucléaire fourmillent d’ordinateurs, d’écrans de contrôle et de cartes surveillés par quelques-uns des 650 militaires qui travaillent en permanence dans « l’ouvrage enterré ».
LES LIEUX SECRETS DU VAL-D’OISE (3).
Le coeur de la dissuasion nucléaire est enterré à Taverny
« Le Parisien » vous invite à découvrir les lieux secrets du département, à visiter ces endroits interdits au public. Aujourd’hui, la base aérienne de Taverny qui abrite le PC souterrain de la force aérienne nucléaire française.

«BUNKER présidentiel » , « PC nucléaire » : les quatorze hectares souterrains de la base aérienne 921 de Taverny sont depuis quarante ans source de mystères et de secrets. Enfouis à plusieurs dizaines de mètres de profondeur sous la forêt de Montmorency, les centres opérationnels de la défense aérienne française et de la force nucléaire fourmillent d’ordinateurs, d’écrans de contrôle et de cartes surveillés par quelques-uns des 650 militaires qui travaillent en permanence dans « l’ouvrage enterré ». Au fond de cette ancienne carrière de gypse, à laquelle l’armée allemande fut la première à donner une vocation militaire entre 1941 et 1944 pour y stocker ses célèbres missiles V1 et V2, les installations du Centre d’opérations des forces aériennes stratégiques (Cofas) restent sans doute l’un des lieux les plus confidentiels de France. Chargés de suivre en continu l’état de la force nucléaire aéroportée, les militaires présents sont aussi l’ultime maillon de la force de dissuasion française. En cas de guerre totale, c’est ici que seront exécutés les ordres du président de la République. Un autre centre, véritable roue de secours de celui de Taverny, a été installé sous une colline au nord de Lyon (Rhône).
L’un des lieux les plus confidentiels de France A quelques mètres du Cofas et de l’incroyable « PC gypse », capable d’accueillir le chef de l’Etat et ses ministres en cas de crise (voir ci-dessous) , un autre bâtiment souterrain abrite le Centre de conduite du commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (Cdaoa). C’est le centre névralgique de la « police du ciel » française. Tous les aéronefs qui empruntent le ciel français s’affichent ici sur les écrans de contrôle. Les « appareils suspects » ou tous ceux qui survolent les zones interdites (arsenaux, sites sensibles et Paris) sont immédiatement pris en chasse par un ou plusieurs des six Mirage placés constamment sous alerte. Garant de la souveraineté nationale, le Cdaoa exerce aussi un rôle moins connu « de service public » en portant secours aux avions ou aux bateaux en perdition. Toujours dans la galerie, le commandement des opérations spéciales (COS) est chargé d’entraîner et de coordonner les actions des unités spéciales en mission. Véritable fourmilière humaine, la partie enterrée de la base est aussi un joyau de technique qui dispose de ses propres circuits de climatisation, d’eau et d’électricité, capables de maintenir la zone en autarcie totale pendant plusieurs jours si nécessaire. Des portes blindées hermétiques peuvent ainsi se refermer en quelques secondes et transformer la base souterraine en un authentique bunker coupé du monde. En surface, au milieu de la forêt, une zone de sécurité entoure les imposantes antennes de transmission visibles à des dizaines de kilomètres à la ronde, et reste surveillée 24 heures sur 24 par une unité spécialisée et une équipe cynophile.
Damein Delseny