Société: Il y a dix ans, le drame de la grotte de MontérolierDix ans après le drame de la grotte de Montérolier (Seine-Maritime), où neuf personnes périrent par asphyxie le 21 juin 1995, les familles des victimes tentent toujours d’obtenir la vérité. Réclamant une réouverture du dossier, elles se rendront mardi devant la grotte pour poser une stèle à la mémoire des disparus.
Dans cette verte vallée, l’entrée de la grotte est toujours visible. Mais plus personne n’y entre pour y jouer ou se promener comme l’avaient fait le jour du drame trois enfants du village voisin de Buchy.
Pierre Lampérier, 13 ans, Thomas et Nicolas Havé, 13 et 14 ans, ne ressortiront jamais vivants de cette grotte. Jean-Jacques Havé, le père de deux de ces enfants, ne ressortira pas non plus. Parti à leur recherche à la tombée de la nuit avec Gérard Duvivier, un sauveteur bénévole, les deux hommes seront aussi pris au piège.
Puis, ce sera au tour du médecin capitaine des pompiers Yves Soulard et des sapeurs Bruno Poullain, Laurent Pannier et Fabrice Pigny de périr à leur tour avant que les autorités ne décident d’arrêter les recherches au petit matin du 22 juin.
A ce jour et selon la justice, c’est une asphyxie au monoxyde de carbone qui est la cause des neuf décès après que les enfants eurent allumé un feu de bois dans la grotte. Une conclusion confirmée en cour de cassation mais qui n’a jamais satisfait les familles des victimes.
Réunies en association, elles espèrent toujours obtenir la réouverture du dossier pour dénoncer notamment les expertises et la gestion du plan de secours.
Les familles qui, comme de nombreux habitants de la région, ne croient pas en la thèse officielle font valoir que la grotte avait abrité pendant la Seconde guerre mondiale les bombes volantes V1 de l’armée allemande.
« Quand je suis entré dans la grotte avec Jean-Jacques Havé pour aller chercher nos fils, il y avait une forte odeur qui se dégageait et cela ne pouvait pas être du monoxyde de carbone », assure José Lampérier, le père de Pierre. « Il a même été retrouvé des traces de cyanure dans les analyses de sang », ajoute-t-il. Et les questions sans réponse se succèdent dans la tête de celui qui est aujourd’hui le président de l’association des victimes de la grotte.
Des questions se posent aussi sur l’interruption des secours et l’arrivée des militaires avec la mise en place d’un périmètre interdit autour de la grotte. « Les autorités et la justice, qui a prononcé un non-lieu alors que nous avions demandé une contre-expertise, ont toujours voulu nous cacher la vérité. Cette vérité, on la veut, on nous la doit ». AP
Frédéric Veille
Livre d'or
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