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Grand ménage dans les souterrains parisiens Le Parisien , dimanche 09 mai 2004


Article de journal Environnement
Grand ménage dans les souterrains parisiens


Ce matin, une centaine de spéléologues descendront dans les carrières souterraines de la capitale pour y effectuer un grand ménage de printemps. Dans la moitié sud de Paris, quelque 300 km de galeries situées à vingt mètres de profondeur (sous les tunnels du métro et du RER) sont en effet visitées par les cataphiles et investies occasionnellement par des noctambules, bien que les carrières soient formellement interdites au public. Lors de ces fêtes improvisées, les amateurs de sensations souterraines ne semblent pas toujours attentifs à laisser les lieux tels qu'ils les ont trouvés.


Une action menée dans le cadre de l'opération Planète propre 2004

Pour preuve : « Lors du lancement du chantier du tramway des maréchaux près de la porte de Versailles (XV e ), une porte d'accès située à l'extrême ouest du réseau, là où les gens ne vont plus, a été rouverte », raconte Michel Baille, président adjoint de la Fédération française de spéléologie. Rien qu'à cet endroit, 76 sacs pleins d'ordures ont été évacués. »

La Fédération française de spéléologie a donc proposé cette action de nettoyage au ministère de la Jeunesse et des Sports, qui l'a sélectionnée pour son opération Planète propre 2004, destinée à montrer l'engagement du mouvement sportif en faveur du développement durable.

« Huit équipes, composées de douze spéléologues, de deux ingénieurs de l'Inspection générale des carrières et d'un fonctionnaire de la préfecture de police, descendront par huit entrées différentes et ressortiront en fin de journée par l'accès situé à une quarantaine de mètres de la mairie du VI e », explique Michel Baille. « Nous espérons sortir une centaine de sacs de déchets. »

Seules ces équipes spécialisées seront autorisées à pénétrer dans le labyrinthe des carrières, strictement interdites au public. Les galeries sont gérées par l'Inspection générale des carrières et surveillées par des policiers spécialisés, appartenant à la compagnie sportive de la préfecture de police.

Les entrées et les plaques forcées par les cataphiles sont régulièrement murées et ressoudées. Une seule entrée est « officieusement » accessible, sous le parc de Montsouris (XIV e ). Le réseau s'étend sous cinq arrondissements de la rive gauche (V e , VI e , XIII e , XIV e , XV e ), ainsi que sous le XVI e , dans les anciennes carrières souterraines de calcaire, exploitées jusqu'au XVIII e siècle, qui ont fourni des pierres à bâtir pour toute la capitale.

C'est pour éviter les effondrements et conforter les façades des immeubles en surface que l'Inspection des carrières a aménagé dès 1777 ces 300 km de galeries sous les rues de Paris. Mais des accidents surviennent encore : en février 2003, la cour de l'école Auguste-Perret (XIII e ) s'est effondrée de quinze mètres au-dessus du chantier de la ligne Météor. Quant aux catacombes, qui accueillirent à partir de 1786 les premiers ossements du cimetière des Innocents, elles n'occupent qu'une portion minime du réseau souterrain. Et le parcours ouvert au public, accessible place Denfert-Rochereau (XIV e ), est limité à 1,5 km.

F.H.

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