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L'avenir des carrières de gypse se joue aujourd'hui Le Parisien du Mercredi 16 mai 2001



Article de journal  ENVIRONNEMENT.
L'avenir des carrières de gypse se joue aujourd'hui






La commission des carrières examine aujourd'hui le dossier de renouvellement de l'autorisation d'exploitation du massif forestier de Montmorency pour les trente prochaines années. Les opposants s'inquiètent des répercussions sur l'environnement. Dossier :


LAFARGE ET SAMC, les deux carriers qui extraient chaque année du massif forestier de Montmorency un million de tonnes de gypse, indispensable à la fabrication du plâtre et du ciment, sont dans l'attente. La commission des carrières doit examiner aujourd'hui le dossier de renouvellement pour les trente prochaines années de l'autorisation d'exploitation du site. Le préfet rendra ensuite sa décision. L'autorisation de Lafarge a expiré en juin dernier, tandis que celle de la SAMC s'arrêtera en janvier 2003. « C'est une réunion capitale au cours de laquelle je compte bien tirer à boulets rouges », promet Désiré Laigle, président de l'Association pour la protection de Saint-Leu-Taverny. Cet homme, qui se bat depuis maintenant vingt-deux ans contre les carrières, s'affirme prêt à demander le renvoi pur et simple de cette commission à une date ultérieure, s'il n'obtient pas un texte d'engagements précis de la part des exploitants. « Il s'agit de savoir qui est responsable en cas d'accident et qui peut obliger le carrier à indemniser », plaide-t-il. Entre 1976 et 1981, trente-six pavillons de Saint-Leu et Taverny avaient été endommagés par l'utilisation d'explosifs à proximité. Les carriers avaient finalement dû débourser 6 millions de francs d'indemnités (915 0000 euro). Depuis ces accidents, des risques supplémentaires de catastrophe écologique sont évoqués, en particulier pour la nappe phréatique et la forêt. Désiré Laigle réclame, d'une part, l'interdiction du foudroyage, opération qui consiste à écrouler les galeries par affaissement dirigé en fin d'exploitation et, d'autre part, le recul de l'exploitation à 500 mètres des habitations. Si les carriers semblent avoir renoncé au foudroyage, ils campent par contre sur leurs positions concernant la limite d'exploitation, fixée actuellement à 300 mètres. « Nous n'utilisons plus la technique du foudroyage même si nous estimons qu'elle ne comporte pas de risque. C'est une concession que nous avons faite », confirme Jean-Michel Bassoul, directeur d'exploitation chez Lafarge. Désiré Laigle reste vigilant : « Dans le dossier qui nous a été remis avant cette réunion, on nous dit que "le comblement des vides se fera par apport de matériaux". Je demande une formulation plus claire, comme "les affaissements dirigés sont proscrits". J'aimerais avoir aussi des éclaircissements à propos d'un plan représentant les dix prochaines années d'exploitation, où apparaît une zone dite "à foudroyer" au milieu du massif... » « La SAMC a déjà un retard en matière de remblaiement qui s'élève à 1 million de mètres cubes, ajoute Philippe Bec, en charge du dossier au sein de l'association Val-d'Oise Environnement. Je demande qu'on leur impose de combler deux mètres cubes de trou, lorsqu'un mètre cube est extrait. C'est la seule façon de rattraper le retard. » Pour faire la preuve de la bonne volonté des carriers, Jean-Michel Bassoul insiste sur la réduction de moitié du seuil de vibrations issues des explosions par micro-dynamitage. « On ne devrait pas dépasser le quart de ce qu'impose la loi. C'est-à-dire quatre fois moins que les vibrations provoquées par un camion passant sur une route le long d'une maison. Nous installerons des capteurs permanents dans la zone située entre 300 et 500 mètres des habitations. Les relevés seront ensuite confiés à un laboratoire indépendant. »
Daniel Pestel

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